Adieu la Liberté
Mathieu SLAMA
Essai sur la société disciplinaire
Presse de la Cité – Janvier 2022
Résumé et commentaires (…)
Préambule – Quand tout s’écroule
Vers la fin du mois de Mars 2020, début du premier confirment commence la réflexion de l’auteur sur l’acceptation de la servitude et de l’arbitraire par toute la France. Cette acceptation l’inquiète et il éprouve le besoin de comprendre pourquoi, comment on en est arrivé là. Comment avons-nous pu accepter aussi docilement la perte de liberté et l’asservissement ? « … si nous avions si facilement abandonné nos libertés, c’est que nous n’étions déjà plus libres ». Certes, l’Etat a joué son rôle dans cet enfermement mais c’est surtout les citoyens eux-mêmes qui l’ont permis, voire même souhaité ! Ils ont délibérément accepté de devenir « citoyens-détenus » oubliant que « les hommes naissent et demeurent libres » et ils furent prêts à faire de la Liberté « une variable d’ajustement. »
La société d’obéissance
« Jusqu’à nouvel ordre »
Ce fut une acceptation totale des ordres sans doute rendue possible par la sidération de tous. Mais une fois la sidération passée, la société dans son entier est obsédée par les gestes barrières et etc. Se met alors en place tout un vocabulaire, une mise en scène, à la sauce « nudge » parfaitement maîtrisée. Et l’inacceptable devient la norme à défendre à tout prix. Durablement, la Démocratie est attaquée : la Liberté sous condition, selon des règles technocratiques aberrantes, dans un Régime d’exception, selon le dictat du Conseil scientifique. Plus rien pour nous protéger de l’arbitraire. Rien. « L’état d’exception s’est aussi manifesté dans l’apparition d’un droit préventif pénalisant les intentions et non plus les actions. » « Le régime sanitaire fut le règne de l’arbitraire absolu. ». Si on s’en tient à la définition de Carl Schmitt, dès qu’il y a violation des droits fondamentaux inaliénables de l’homme, même avec le consentement de la majorité, il y a dictature. La Démocratie est devenue une marionnette, soumise et désarticulée, au service « d’une dictature disciplinaire » ne se préoccupant plus que des corps des hommes au mépris de l’une de ses valeurs fondamentales : la Liberté.
Une dictature citoyenne
Et si l’Etat n’avait pas imposé le confinement ? Les citoyens eux-mêmes se seraient contraints les uns les autres. L’action du gouvernement a été plébiscitée ! (Je me demande s’il n’y avait pas eu l’ordre gouvernemental, nous n’aurions pas garder le droit de nous interroger et de débattre, rendant l’adhésion au principe moins inévitable.) L’obéissance fut totale, de bout en bout. Du plus idiot au plus liberticide. Tout fut accepté d’un Etat qui n’avait pourtant pas hésité à nous mentir. Tout fut accepté, malgré, ou à cause des gilets jaunes. Et le citoyen est devenu citoyen policier que l’on félicitait pour son civisme ! On nous a construit l’image du citoyen responsable que l’on opposait à l’irresponsable et de l’encensement du premier on est passé au lynchage du second. Etienne de La Boétie a très bien décrit l’inclinaison du peuple pour son asservissement, la facilité avec laquelle il oublie jusqu’au goût de la liberté. L’une des premières raisons est l’habitude, et sa petite sœur, la lassitude. Et tout doucement, on glisse vers des pulsions délatrices, la mise ne place « d’une société de vigilance. ». Au lieu de se rebeller contre des mesures extrêmes, la population a préféré détruire celui qui ne voulait pas rentrer dans le rang, sans aucun besoin de corps intermédiaire, où l’Etat devient, selon Alexis de Tocqueville non pas un « tyran » mais un « tuteur », un « despotisme administratif » où le citoyen ne pense plus mais suit docilement les règles. Le mouvement des gilets jaunes témoignait d’un reste de vitalité démocratique. La façon dont il a été géré a contribué à étouffer cette vitalité. L’une des autres raisons de la servitude volontaire est la Peur. Tout au long de cette crise, elle a été soigneusement entretenue : « la psychologie comportementale a été utilisée comme une arme. » La peur est un moteur parfait pour une politique totalitaire. Elle est nourrie par le gouvernement mais aussi par les citoyens eux-mêmes, obstruant toutes nos capacités de jugement. Ceci ne peut pas être sans conséquence.
La République à visage couvert
Le masque est un vrai symbole du changement de régime et de civilisation. Mais pas que. Il isole. On entre dans un monde sans contact, à distance, déshumanisé, qui rejette. Et il n’a fait l’objet d’aucun débat. La société tout entière a commandé : il fallait le porter.
La trahison des clercs
Les élites politiques et intellectuelles ont été pitoyables. Personne pour s’élever contre l’arbitraire. La gauche s’est fait complice d’une politique disciplinaire. (C’est ce qu’elle a toujours fait, depuis que je la connais.) La droite a l’habitude de piétiner les libertés. « La solidarité, c’est l’affaire de la gauche depuis toujours ». (Mais rappelons qu’elle n’a pas le monopole du cœur.) C’est ce principe de solidarité qui a poussé la gauche à gérer la crise sanitaire comme l’aurait fait un pays communiste. « La crise sanitaire fut, d’une certaine manière, un moment capitalisto-communiste qui a réuni le pire des deux mondes : l’autoritarisme, la surveillance et la servitude. » Nul n’est venu s’opposer à l’idée de ségrégation sur des critères de santé biologique. Plus précisément, ceux qui se sont exprimés ont rapidement été noyés sous les accusations de complotisme. Abattre l’homme évite de discuter de ses idées. Les plus grands intellectuels de notre temps se sont engouffrés dans ce lynchage systématique, y compris parmi les plus grands anarchistes ! La porte était grandement ouverte pour la propagande, et il en était fini de tout esprit critique. Autrement dit, cette crise a été totalement dépolitisée alors même que la Démocratie était tout particulièrement attaquée. Jusqu’aux libéraux eux-mêmes qui défendait le passe comme une mesure de liberté ! Pas de liberté sans responsabilité. (En effet, cette crise m’a permis de voir tous ceux qui considéraient que la Liberté n’était pas pour tous, mais seulement pour ceux qu’ils ne considéraient pas comme des abrutis. Ils en ont oublié que leur responsabilité n’était pas sollicitée dans ce monde où il n’y avait plus la liberté de décider.) Et nous voici dans le modèle libéral décrit par Foucault comme « gestionnaire de la liberté » « c’est-à-dire organisant « les conditions auxquelles on peut être libre. » (Autant dire que la libérale que je suis a beaucoup pleuré et s’est sentie seule pendant cette crise…) Les intellectuels et les politiques sont passés à côté du fait que cet état d’urgence sanitaire était « la rencontre monstrueuse entre la toute-puissance technicienne et le biopouvoir disciplinaire. ». (Bienvenue dans le meilleur des mondes.)
Un nouveau clivage
Tout doucement, l’obéissance s’est essoufflée, tout en restant majoritaire. Mais la jeunesse a commencé à ressentir une immense injustice s’opposant au parti de l’ordre, âgé, pour qui « la sécurité est la première des libertés. » Dans le discours de Macron, les devoirs prennent le pas sur les droits, justifiant toutes repressions ainsi. « le pouvoir n’a aucun limite tant que le peuple se tient sage. » Le clivage-droite gauche n’existait déjà plus. Nous sommes entrés dans un monde sans débat. Pourtant, le rapport à la Liberté est essentiel dans les constructions des dynamiques politiques.
La fabrique de la servitude
La construction d’une épidémie
Voyons comment s’est construit l’épidémie (sans évidemment en nier l’existence). Grâce à une nouvelle grammaire : gestes barrières, distanciation, confinement, fêtes clandestines, attestations, distanciels, serrage de vis, responsables, ne relâchez pas vos efforts, …( prenez soin de vous.) Répétition incessante qui a conduit à une nouvelle normalité. « Notre enfermement a d’abord été mental. » L’utilisation du mot « Résilience » a été un piège : vivre en dépit de circonstances dramatiques. Ceci a donné un caractère inéluctable à la situation qui a annihilé notre réflexion. « Vulnérabilité » : la crise nous aurait rappelé notre vulnérabilité et nous aurait remplis d’humilité et de vertus pour retrouver un devenir commun. « Responsabilité » : On se devait être responsable mais dans un monde d’interdiction et de punition. Le responsable se devait d’être soumis totalement à l’Etat. Ces mots ont « moralisé le débat public. Ils l’ont dépolitisé ». Tout s’est passé comme si on vivait dans une secte dans laquelle tout n’était plus que mesure de freinage, vigilance à l’autodiscipline très contraignante. Le système a tenu car la population était fatiguée, prête à tout car on leur promettait la Liberté retrouvée. Tout fut accepté, comme un moindre mal, jusqu’au passe sanitaire inclus ! Et les opposants étaient les méchants qui retardaient le moment de la libération. Tout a été pris comme si nous n’avions pas le choix.
« Il faut savoir manager la population »
(J’ai toujours refusé d’être managée… On m’instruit, on me soutient, on me réprouve mais on ne me manage pas !) Pas de bol, ce fut la priorité du gouvernement ! Il fallait que la population accepte les mesures, non pas par l’argumentation, la démonstration mais par la manipulation, avec des équipes spécialisées en sciences comportementales. (D’où l’intérêt de ne pas être sous télévision et radio en permanence. Temps et frais qui auraient pu être bien mieux utilisés.) Le gouvernement a géré les citoyens comme une entreprise ses salariés : manager, donner le sentiment de … au lieu de fédérer par des actes et des convictions argumentées. Chaque citoyen a agi exactement comme on l’attendait de lui. Un régime qui manipule ne saurait être un régime démocratique. Du management paternaliste, Macron est passé au management positif, collectif et éthique, imposant un ordre moral dans lequel la population s’est enfermée. Pas de débat démocratique. Des injonctions et des mises au ban pour quiconque tentait une objection. Aucune contradiction autorisée : toutes sont forcément le fruit d’esprits extrémistes, égoïstes, irresponsables. Or il se posait bien une question fondamentale : « Doit-on privilégier les valeurs de la vie et de la santé, ou bien protéger nos libertés qui donnent à notre vie le sens qui lui manque autrement ? Quelle norme surplombe notre démocratie : la survie ou la liberté ? Doit-on décider de ce qui est bon pour les citoyens à leur place, ou doit-on au contraire leur faire confiance ? ». Point de questions ! Halte au complotisme ! Pourtant, la liberté d’expression devrait être protégée à tout prix ! Réduire l’opposition aux mesures à du simple complotisme est dangereux pour la Démocratie. Et s’est oublier un peu vite que les idées complotistes se nourrissent de manque d’exemplarité et de conflits d’intérêts régulièrement mis à jour par des journaux tout à fait sérieux. Management qui a parfaitement fonctionné vu la facilité avec laquelle le non vacciné est devenu le bouc émissaire.
La politique de la vie nue
La vie nue : celle qui n’est faite que de chair, que de biologie. Elle a pris le pas sur tout et le pouvoir scientifique et médical s’est saisi de toutes nos vies. Tout est devenu que santé à protéger quoiqu’il en coûte, à coup de calcul, d’arithmétique. La météo sanitaire décidait de la vie de notre démocratie. Sans que nous sachions quel seuil devait être atteint, nous étions rivés sur les courbes, vivant dans un état d’urgence permanent. La survie a pris le pas sur la vie. Folie de notre temps. Mort de l’homme politique, de l’homme social, donc de la démocratie. La médecine comme guide suprême. La science a manipulé le pouvoir. (Une certaine science, pas la Science.) « ils ont cru à la Loi du virus plutôt qu’à celle des hommes. L’épidémie décide de tout. » Ce fut respecté avec tout le respect que doivent les non sachants aux sachants. Ce fut respecté avec tout le respect que donne la peur de la mort. La médecine et la science ont gouverné en toute opacité, décidant de nos libertés les plus fondamentales, sans traductions raisonnables du politique qui a appliqué les consignes sans jouer son rôle de décideur, et sans diversité des courants de pensées sur un sujet qui ne faisait pas l’unanimité.
Le pass disciplinaire
Une véritable catastrophe démocratique, ce pass ! Déchéance de citoyenneté pour les non vaccinés… Impossibilité de se faire soigner niant « l’idée même de consentement éclairé et, par voie de conséquence, l’idée de libre arbitre. ». Nous sommes en plein société policière, sans limite. « Le pass sanitaire implique que la liberté n’est plus un droit inaliénable mais une chose que le pouvoir accorde selon si on se comporte bien ou mal. » Un bien ou mal définis arbitrairement. Encore plus de discipline dans un monde ultra disciplinaire. (On a tout de même un sacré problème régalien actuellement. )« La liberté non pas fille de l’ordre, mais mère de l’ordre » Proudhon. (Joli ! ) Avec la crise sanitaire, on a vécu une véritable dérive autoritaire, baigné totalement dans une société de contrôle. Ce pass ouvre la voie pour distinguer le bon du mauvais citoyen, afin d’établir une société parfaite.
Les fabricants de servitude
La bureaucratie, jusqu’à l’absurde, jusqu’au grotesque ! Cette construction effroyable ne peut être sans conséquence pour l’avenir ! Cette bureaucratie (que nous payons) est devenue extrêmement intrusive et elle permettra les servitudes futures. (Et nous voici en 1984…) Entre la biopolitique et la bureaucratie, quelle place aurons-nous ? Macron nous a précipité dans ce monde en ne faisant que suivre les règles du Conseil Scientifique. Et pourtant, peut-on parler d’efficacité ? N’y-a-t-il pas plutôt urgence à réformer l’Etat.( Je ne partage pas la conclusion 🙂 « En affaiblissant l’Etat, en affaiblissant les services publics, en introduisant le poison du management dans toutes les strates de l’administration, nous avons creusé notre propre tombe. » (Sans doute est-ce car je sépare moins Bureaucratie et Etat que ne le fait l’auteur. Ensuite, je pense qu’affaiblir l’Etat permet de se reprendre en main. Attendre de l’Etat, c’est commencer à se mettre en état de servitude. Je dois à celui qui me donne. Je ne sais pas fonctionner autrement.)
D’où vient notre mal
Le problème du macronisme
En faisant de cette crise un moment apolitique, à coup de management, manipulation, Macron nous a conduit à notre perte. Mais notre docilité a bien contribué à cette perte ! Car tout a été fait en fonction de notre opinion ! Elle était capitale. En vue : les élections ! Le tour de passe passe fut de nous faire prendre de la propagande pour de la pédagogie. Avec l’idée sous-jacente que les citoyens est un élève à éduquer. Nous avons baigné dans une hystérie infantilisante. (Cette infantilisation est la marque de fabrique de tout bon socialiste. Ce qui confirmerait que Macron est bel et bien socialiste. ) « L’idéologie macroniste est l’appropriation par la classe managériale de l’espace politique et démocratique, la transposition au monde politiques des valeurs propres au monde de l’entreprise et du management. » (Pour moi, ceci n’est pas une idéologie, mais un mode de fonctionnement.) Pas d’intérêt général, que du pragmatisme et de l’efficacité. (Pour moi, si cela était le cas, ce ne serait pas un problème. Mais rien ne fonctionne et rien n’est pragmatique dans le monde qui nous entoure.) Macron se veut sachant recruter. (C’est raté. ) Il est indifférent aux principes démocratiques et libéraux, il est un savant mélange de tactique, de cynisme et d’opportunisme. Il n’a pas de culture politique mais il adore le pouvoir des experts et des technocrates, sans n’avoir aucune vue sur les impacts de ses décisions. Tout est basé sur la dictature du mieux, de la rentabilité. (Ce qui ne serait pas une mauvaise chose s’il y avait une éthique, une vision, un souci des conséquences. Mais il est dans une immédiateté tellement éphémère que oui, cette gestion pose problème.) C’est son envie d’être réélu qui a guidé ses décisions et non le bien des français, réélu par ce monde technocratique, médical et apolitique.
« Prouvez votre vertu ou entrez dans les prisons »
Nous assistons à une dérive sécuritaire. Il faut quitter l’Assemblée si l’on conteste les décisions du gouvernement. On est gouverné à coup de lois d’exception. L’insécurité contribue au climat hostile à la liberté. (La Peur nous gouvernerait-elle ? ) La liberté d’expression est mise à mal avec les nouveaux concepts comme celui du discours de haine. (Le politiquement correct en devient presque gentil… ) Le pouvoir des GAFA, les agissements de wokes, des fondamentalistes islamistes font peser une chape de plomb idéologique sur la France. Au nom de la tolérance, nous sommes devenus extrêmement intolérants ! Etats autant que Sociétés ont leur part dans cet effritement de la liberté d’expression. Règne effroyable de la Cancel culture. Vivons dans les règles ou ne vivons pas ! Notre culpabilité légendaire nous a permis de sombrer dans un puritanisme hygiéniste qui a fait des médecins nos nouveaux prêtres, ou Dieu ? Le corps est devenu une obsession. Tout doit être toujours mieux. (Ceci n’est pas nouveau, c’est sans doute ce qui anime l’homme depuis la nuit des temps. Mais si ce mieux ne concerne que le corps, alors, ce n’est pas un mieux.) L’auteur en accuse le capitalisme, (mais je n’en suis pas convaincue. Pour moi, le capitalisme n’est pas une idéologie, c’est un mode de fonctionnement qui est d’ailleurs assez difficile à éviter. De plus, le culte du corps a été important en URSS.)
La tyrannie du management
Georges Bernanos : « Quand la société impose à l’homme des sacrifices supérieurs aux services qu’elle lui rend, on a le droit de dire qu’elle cesse d’être humaine, qu’elle n’est plus faite pour l’homme, mais contre l’homme. Dans ces conditions, s’il arrive qu’elle se maintienne, ce ne peut être qu’aux dépends des citoyens ou de leur liberté ! Imbéciles, ne voyez-vous pas que la civilisation des machines exige en effet de vous une discipline chaque jour plus stricte ? Elle l’exige au nom du Progrès, c’est-à-dire au nom d’une conception nouvelle de la vie, imposée aux esprits par son énorme machinerie de propagande et de publicité. » Cette crise a permis à certains de s’enrichir et les politiques considèrent qu’il y a toujours du bon pour eux à prendre dans une crise. Cette crise a prouvé que le capitalisme est aujourd’hui hégémonique.( Il y a de tous temps eu des gens pour s’enrichir sur les guerres et quid de la crise en Chine ? ) Le mal total vient de ce que le citoyen est un salarié qui ne sait vivre que sous mangement et en état de servitude. ( Je ne suis absolument pas d’accord. D’abord un contrat est bipartite et il s’agit bien d’un échange. Les ardeurs managériales sont déplorables effectivement dans bien des grandes entreprises, mais cela ne veut pas dire que les salariés s’y plient, même s’ils considèrent que les syndicats sont incapables de les aider, tout englués qu’ils sont eux-aussi dans les mêmes préceptes de management ! Ensuite, la société est constituée de tout un monde d’artisans qui échappent à ses nouvelles règles débiles et, je le souligne, pas appliquées partout dans les entreprises. Ensuite, il faut voir comment les jeunes salariés changent d’emploi pour comprendre que l’entreprise ne peut pas faire la loi et elle est bien déboussolée actuellement ne parvenant pas à trouver les nouveaux modes de fonctionnement. En revanche, je suis entièrement d’accord avec l’idée que ) les psychologues d’entreprise sont une vraie calamité et « qu’ils ont achevé de dépolitiser la question du management, évacuant ainsi la possibilité même du rapport de force. ». (Ils nous façonnent et nous vident de notre substance alors que l’enjeu réel du travail et la quête du sens dont la perte contribue ) « au processus de déshumanisation du travail déjà bien engagé.
La peur de la liberté ou l’idéologie du safe
La peur de la Liberté, c’est en nous même qu’il faut lutter. Les tentations totalitaires sont permanentes. Plus rien ne nous retient. La servitude est plus simple, car nous ne sommes plus responsables. Les styles de vie qui nous imposent le bien, le mal, nous libérant de toutes réflexions ont beaucoup séduit. L’exigence de sécurité n’est pas étrangère à cette acceptation de servitude. Le confort, avant tout, qui entraîne la haine de tout conflit. Mais elle conduit à la recherche du coupable et à la détestation de celui qui est différent. Vive le conformisme, vive l’ordre moral ! Saint Paul : Lorsque les hommes diront : « Paix et sécurité, alors une ruine soudaine les surprendra, et ils n’échapperont pas.
Epilogue – Retrouver la République
« La fin ne justifie jamais les moyens ». Qui veut d’ « une vie nue, muette et sans histoire, à la merci des calculs du pouvoirs et de la science. » ? Redonnons du pouvoir au Parlement, à notre gardien constitutionnel les moyens de dire le droit de manière indépendante, insufflons une nouvelle culture démocratique (RIC), redonnons la liberté à l’expression, renforçons les pouvoirs de la CNIL qui doit nous protéger, Intervenons au sein des entreprises qui nous managent si mal (oh nom surtout pas ! En plus la liberté ne peut pas s’acquérir avec plus de contrôle.) N’oublions pas qu’il n’y a jamais trop de libertés et évitons d’oublier combien elle est indispensable. Aucun ordre ne va de soi. (Pour moi, l’enjeu principal, l’absolue priorité : réapprendre: à penser, à travailler, à agir. Tous nos maux viennent de la perte de savoir, de la médiocrité qui nous envahit, des élites qui ne sont plus des élites et qui donc entrainent toute la Nation dans une profonde crétinerie.)